Un compte bancaire inutile peut vous coûter 4 350 €.
Quand j’ai voulu fermer le mien, ma banque m’a répondu que c’était « contractuellement impossible ».
J’ai demandé la clause.
Elle disait l’inverse.
Et cette histoire résume exactement la banque que je veux construire autrement.
Je demande à ma banque de clôturer un compte que je n’utilise plus et de prélever mes deux crédits immobiliers restants sur un autre compte européen.
Réponse : impossible. Mes prêts seraient obligatoirement liés à un compte ouvert chez elle.
Ils m’envoient même la clause surlignée pour me le démontrer.
Je la lis.
Elle ne dit absolument pas que je dois conserver ce compte.
Elle dit seulement que j’autorise la banque à débiter les comptes que je pourrais détenir dans ses livres.
Une autorisation de prélèvement devient donc, comme par magie, une obligation de rester client.
Pourquoi ?
Parce que derrière, il y a :
- 12 € par mois de frais de tenue de compte ;
- des cartes et packages devenus inutiles ;
- 30 € par an pour recevoir un courrier m’informant que je suis toujours caution ;
- une accumulation de microfrais presque invisibles, car prélevés automatiquement.
Sur 25 ans, cela représente 4 350 €.
Mais le vrai problème n’est pas le montant.
C’est la logique.
Le crédit immobilier rapporte relativement peu en marge directe. Il devient donc parfois un produit de captation permettant de conserver un client pendant 20 ou 25 ans et de rentabiliser la relation grâce aux services périphériques.
À court terme, c’est probablement rentable.
À long terme, c’est une erreur stratégique.
Car pour gagner 12 € par mois, la banque détruit progressivement la confiance du client.
Elle gagne quelques milliers d’euros de frais, mais perd potentiellement ses dépôts, son épargne, ses investissements, ses assurances et toute sa vie financière.
Une banque doit être rentable.
Très rentable, même.
Mais sa rentabilité devrait venir de la valeur qu’elle crée, pas de la difficulté qu’elle impose à ses clients pour partir.
Voilà la banque que je veux construire :
- un compte servant uniquement au remboursement d’un crédit serait gratuit ;
- aucun package ne serait imposé à un client qui ne l’utilise pas ;
- un courrier réglementaire automatisé ne deviendrait pas une rente annuelle ;
- une contrainte informatique ne serait jamais déguisée en obligation contractuelle ;
- le client resterait entièrement libre d’utiliser d’autres banques ;
- la rentabilité viendrait de services réellement utiles et volontairement choisis.
Le crédit immobilier ne devrait pas être un cheval de Troie.
Il devrait être le début d’une relation de confiance.
On ne fidélise pas un client en l’empêchant de partir.
On le fidélise en faisant en sorte qu’il n’ait aucune envie de partir.
Quel est le frais bancaire qui vous paraît aujourd’hui le plus incompréhensible ?